RAWA-RUSKA

2. Conditions de transfert

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans les wagons

Dans les wagons d'un convoi, dessin de Roger Maire

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Souvenez-vous… ceux du premier convoi - le 10 avril - notre convoi à l'arrêt en gare de Dresde… lorsqu'un train vint se ranger tout contre nous sur une voie parallèle… Il contenait des hommes en tenue "Feldgrau" montant sur le front… et stupéfaction !! Sur leurs casques et sur leurs manches… l'écusson des trois couleurs de la France… c'était la L.V.F. (Légion des Volontaires Français), la division Charlemagne… invectives… insultes… et d'un de nos wagons jaillit notre "Marseillaise" reprise en chœur par l'ensemble du convoi. Dans ce vacarme, l'ennemi fit démarrer rapidement le train de la L.V.F.

Roger Maire

Extrait de Ceux de Rawa-Ruska - Aude, 1995, p. 16

Après le premier convoi de deux mille hommes, arrivé le 13 avril 1942, d'autres suivirent rapidement, le "voyage" s'effectuant dans les mêmes conditions : 6 ou 7 jours et nuits (ou plus) dans des wagons à bestiaux verrouillés, sans paille, sans couverture, avec 80 personnes (quelquefois plus) par wagon. (Au cours d'un transfert, quelques hommes avaient tenté de s'évader, les occupants du wagon furent répartis dans les autres wagons, après avoir été frappés et brutalisés, il y eut alors plus de 100 hommes dans certains wagons).

En cours de transfert, il n'était distribué qu'une ou deux soupes innommables, d'un volume d'environ un quart à un demi-litre, servies dans des récipients de fortune (vieilles boîtes de conserve rouillées) fournies par les convoyeurs à qui il fallait les rendre et que les hommes se repassaient entre eux car ils étaient en nombre insuffisant.

Les hommes, ne pouvant descendre, étaient réduits à se soulager sur place.

Il est inutile de préciser que ces hommes arrivaient à Rawa-Ruska dans le plus complet dénuement, sales, hagards, dépenaillés, affamés, abrutis... Beaucoup, en raison du froid, avaient contracté bronchites, pleurésies, etc...

Le débarquement se faisait au milieu des hurlements des convoyeurs, baïonnette au canon, et de leurs chiens-loups.

Arrivée d'un convoi

Arrivée d'un convoi en 1942, par E. Vanderheyde

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