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![]() La distribution de la soupe, par E. Vanderheyde (cliquez sur le dessin pour l'agrandir) |
Il y eut jusqu'à 12 à 15 000 détenus en même temps dans le camp, et il n'y eut toujours qu'un seul robinet d'eau. Encore faut-il souligner que celle-ci était polluée en raison de la présence de charniers dans le voisinage immédiat du camp. L'eau provenait par pompage, et sans filtrage, d'une rivière chariant souvent de nombreux immondices.
Il fallait faire la queue durant plusieurs heures pour obtenir une maigre ration d'eau.
Les déportés au camp de RAWA-RUSKA, sans aucun doute, ont été placés dans les plus mauvaises conditions de régime alimentaire.
La quantité d'aliments distribués était nettement insuffisante, et d'une qualité déplorable.
Une soupe par jour constituée par du liquide dans lequel on remarquait un peu de millet ! des fanes de choux quelquefois, pour changer ! des cosses de pois !...
Les baquets qui servaient à la distribution de la soupe (dessin R. d'Aigremont ; cf. ci-dessus l'aquarelle de E. Vanderheyde) |
Les balances rudimentaires qui servaient aux "chefs de boule" à peser les parts de pain (dessin R. d'Aigremont) |
De temps en temps, il y avait une distribution de margarine, ou graisse synthétique, de marmelade de betteraves la plupart du temps avariée (asticots).
Le pain ? Les premières semaines, sa distribution était bien irrégulière en raison de mauvais arrivages. Très souvent, la boule pesant un kilogramme était à partager entre 30 ou 35 détenus. Il est arrivé de rester deux ou trois jours sans en avoir.
Une "tisane" était servie matin et soir. Elle était à base de décoction de feuilles ou de bourgeons de sapin. La quantité réservée à chaque homme était d'environ un quart à un demi-litre !
Il y fut quelquefois distribué des pommes de terre souvent gelées et en partie pourries provenant d'un silo voisin.
Pour manger et boire, les détenus n'eurent que des objets découverts dans le camp : boîtes de conserve rouillées, vieux casques, tuiles, etc. Bien souvent, il n'y eut qu'un récipient pour plusieurs hommes. Des cuillères avaient pu être taillées dans des morceaux de bois à l'aide de pièces métalliques aiguisées sur des pierres !
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Ces réchauds, sur lesquels les prisonniers s'efforçaient de cuire les denrées de récupération les plus diverses, étaient fabriqués par des bricoleurs dans des boîtes de conserve 4/4. À la base de la boîte, des ouvertures donnaient sur le foyer. Des trous, par lesquels sortaient de petites flammes bleues, faisaient le tour de sa partie supérieure. Le combustible était des "bûchettes" de la grosseur d'une allumette, qui, en se consument, se transformaient en gaz. C'étaient en somme des réchauds à gaz de gazogène... |
Les réchauds de fortune des prisonniers (dessin de R. d'Aigremont) |