La médaille de Rawa-Ruska |
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"CEUX DE RAWA-RUSKA" ont ainsi démontré qu'une catégorie de soldats français, qu'une partie de l'Armée française mise hors de combat par un sort malheureux, a opté pour la Résistance, a refusé d'obéir aux ordres de Vichy, a refusé de plier les genoux sous le joug de l'ennemi.
Les responsables nazis ne pouvant sévir sur le territoire du Reich contre des prisonniers de guerre, couverts par la Convention de Genève, sans s'attirer les représailles des Alliés, décidèrent donc de transférer ces hommes sur un territoire où les clauses de la Convention de Genève n'avaient pas cours.
Les conditions de vie réservées aux hommes transférés à Rawa-Ruska et dans ses kommandos a constitué une détention qui n'avait plus aucun rapport avec celle des prisonniers de guerre.
Cette détention, dans un camp d'un territoire situé hors du contrôle des missions de la Croix-Rouge Internationale, a bien caractérisé la volonté de l'ennemi de ne pas respecter les clauses de cette Convention de Genève et de faire subir aux détenus des préjudices semblables à ceux des prisonniers civils déportés pour lesquels aucune convention n'existait.
Ces détenus ont connu, par la volonté expresse des nazis, un régime alimentaire d'une insuffisance effrayante, des conditions sanitaires inhumaines, des privations et sévices de tous ordres, les conditions de vie hallucinantes des ghettos, un état de stupeur psychique. Cet ensemble de conditions a créé un ensemble de préjudices sans comparaison avec ceux qu'ont connus les prisonniers en Allemagne, lesquels ont continué à bénéficier des garanties de la Convention de Genève.
Si les nazis n'ont pu mener à sa fin la mesure d'extermination qu'ils destinaient aux Français et Belges transférés puis détenus au camp de Rawa-Ruska, comme ils le firent pour les Russes, c'est parce qu'ils en ont été empêchés :
- la création du camp avait été signalée (les autorités allemandes ne l'ont officialisée que plusieurs mois après l'arrivée des Français), et la Croix-Rouge Internationale avait demandé à le visiter ;
- l'existence de ce camp a été divulguée à la radio britannique : en juin 1942, la B.B.C. parle du camp de Rawa-Ruska "camp de la goutte d'eau" et des mesures de représailles sont annoncées ;
- et que la résistance physique des détenus fut exceptionnelle pour les raisons décrites précédemment.
RAWA-RUSKA est un symbole, le symbole de la Résistance que des militaires incarnèrent dans les conditions les plus périlleuses, les plus délicates, qu'ils durent payer de la déportation.
On ne peut oublier les préjudices qu'ils ont subi dans leur chair, dans leur âme, dans leur carrière.
On ne peut manquer de fidélité à la mémoire des disparus.
Du 13 avril 1942 au 19 janvier 1943, le Stalag 325 fut transféré du camp de Rawa-Ruska, qui fut alors abandonné, à la citadelle de Lemberg (Lwow).
Du 20 janvier 1943 au 19 février 1944, il fut transféré à Stryj, ancien sous-camp de Rawa-Ruska.
En juin 1944, le Stalag 325 était dissous et les effectifs restants (peu nombreux), transférés au Stalag 1 A de Königsberg (aujourd'hui Kaliningrad).
24 avril 1945 |
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La lettre fut postée le 24 avril 1945 à Landsberg (actuellement Gorzow Wielkopolski en Pologne), où les Français furent retenus par l'armée russe avant d'être conduits jusqu'à Starry-Doroghi en Russie, à une centaine de kilomètres au sud est de Minsk, qu'ils ne quittèrent que le 2 juillet 1945. Roger d'Aigremont ne rentra chez lui dans la Manche que le 23 juillet 1945. La lettre n'arriva qu'après son retour !
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